Qu’est-ce qu’une cervicalgie ?

Le mot « cervicalgie » désigne simplement une douleur située au niveau du cou ou de la nuque. Il indique la région douloureuse, mais ne permet pas encore d’en connaître la cause ni de déterminer ce qui sera adapté à votre situation.

La douleur peut rester localisée ou s’accompagner d’une raideur et d’une diminution des mouvements. Son intensité, sa durée et son mode d’apparition peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre.

Pourquoi le cou peut-il devenir douloureux ou raide ?

Une douleur cervicale peut apparaître après un mouvement brusque, des gestes répétés, un effort inhabituel ou une période prolongée dans une même position. Elle peut aussi s’installer progressivement, sans événement précis.

Le corps est capable de s’adapter à un certain nombre de contraintes. Lorsque celles-ci s’accumulent ou que la récupération devient insuffisante, cette capacité d’adaptation peut progressivement diminuer.

Le geste qui déclenche n’est pas toujours l’unique cause

Un geste anodin, comme tourner la tête ou se lever le matin, peut correspondre au moment où les symptômes apparaissent. Il représente parfois la dernière goutte plutôt que l’unique cause de la douleur.

Les muscles, les articulations, les disques intervertébraux, le niveau d’activité, la récupération, le sommeil, les habitudes de vie et le contexte général peuvent intervenir ensemble. Il n’est donc pas toujours possible d’attribuer une cervicalgie à une seule structure ou à une seule posture.

Torticolis / cou bloqué

Le torticolis est une forme particulière de douleur cervicale. Il apparaît souvent brutalement et s’accompagne d’une raideur importante, d’une difficulté à tourner la tête et parfois d’une position spontanément inclinée ou tournée pour éviter la douleur.

Cette sensation de blocage ne vient pas d’une vertèbre qui se serait déplacée. Elle est principalement liée à la douleur, à la contracture involontaire d’un ou plusieurs muscles du cou et à la limitation réflexe des mouvements.

Une sensation proche d’une crampe profonde

Même lorsque la contraction diminue, les muscles concernés peuvent rester sensibles pendant un certain temps. Les mécanismes ne sont toutefois pas nécessairement identiques à ceux d’une courbature classique.

Toutes les cervicalgies ne sont donc pas des torticolis. Une douleur peut être moins brutale, laisser davantage de mouvement ou évoluer depuis longtemps sans sensation de blocage.

Une douleur cervicale peut-elle être associée à d’autres zones ?

Entre les omoplates

Une structure cervicale peut parfois provoquer une douleur ressentie à distance, vers l’épaule ou entre les omoplates. On parle alors de douleur référée. Cela ne signifie pas que toutes les douleurs interscapulaires viennent du cou. En savoir plus sur la douleur entre les omoplates.

Au niveau de la tête

Certaines douleurs cervicales peuvent être associées à des céphalées cervicogéniques ou à des céphalées de tension. Une gêne cervicale peut aussi accompagner une migraine, sans signifier que le cou en est nécessairement la cause. En savoir plus sur les céphalées de tension ou sur la migraine.

Au niveau de la mâchoire

Les troubles de la mâchoire et les douleurs cervicales peuvent coexister. Le bruxisme — serrement ou grincement des dents — peut augmenter la sollicitation des muscles de la mâchoire et s’accompagner de tensions dans la région de la tête et du cou. En savoir plus sur les troubles de la mâchoire.

Et si les symptômes descendent dans le bras ?

Une douleur cervicale peut parfois être projetée vers l’épaule, le bras ou la main. Lorsqu’elle suit un trajet plus précis, elle peut évoquer l’irritation ou la compression d’une racine nerveuse cervicale.

On parle alors de radiculalgie cervicale ou de névralgie cervico-brachiale. On peut la comparer à une « sciatique du cou » : le principe d’irritation nerveuse est comparable, mais la zone concernée change.2

La douleur peut s’accompagner de fourmillements, d’un engourdissement, d’une sensation de peau cartonnée ou, dans certaines situations, d’une diminution de la force. Une hernie discale cervicale peut en être à l’origine, mais elle n’est pas l’unique cause.

Quand faut-il demander rapidement un avis médical ?

La majorité des cervicalgies ne présente pas de caractère grave. Certains signes nécessitent néanmoins une évaluation médicale rapide.

Une évaluation urgente est nécessaire en cas de :

  • baisse brutale ou importante de la force dans un ou les deux bras et/ou dans une ou les deux jambes ;
  • perte brutale ou importante de la sensibilité ;
  • maladresse inhabituelle des mains ou difficulté nouvelle à marcher ;
  • douleur cervicale violente accompagnée de troubles de la parole, de la vision ou de l’équilibre ;
  • douleur apparue après un traumatisme important ;
  • raideur cervicale accompagnée de fièvre, de maux de tête inhabituels ou de vomissements.

Des fourmillements, un engourdissement ou une diminution progressive de la sensibilité doivent également être évalués avec attention.

Comment se déroulent l’évaluation et la prise en charge ?

L’échange commence par vos antécédents, vos habitudes de vie, puis l’histoire de vos symptômes : leur apparition, leur évolution, ce qui les aggrave et ce qui les soulage. Je cherche également à comprendre leurs conséquences sur votre sommeil, votre travail, vos activités et votre quotidien.

L’examen clinique permet d’évaluer les mouvements du cou, les zones sensibles et le fonctionnement des articulations et des muscles. Lorsque les symptômes descendent dans un bras, j’examine également la sensibilité, la force et les réflexes. Cela peut comprendre l’étude des dermatomes, des myotomes et certains tests de mise en tension des nerfs du membre supérieur (ULTT).

Si vous disposez d’une radiographie, d’un scanner ou d’une IRM, apportez les images ainsi que le compte rendu. Les images elles-mêmes sont importantes : leur lecture complémentaire me permet de me faire un avis plus précis et, si nécessaire, de vous expliquer ce qu’elles montrent.

Selon les résultats de l’évaluation, la prise en charge peut associer un travail articulaire et musculaire, des mobilisations, des ajustements chiropratiques ou des techniques plus douces comme l’Activator ou les tables à drop. Le choix dépend de vos symptômes, de vos antécédents, de vos préférences et des éventuelles contre-indications.

Des exercices et des conseils adaptés complètent presque systématiquement le traitement. Ce que vous faites dans votre quotidien a autant d’importance que ce que nous faisons sur la table.

Consulter pour une douleur cervicale

Si vous souhaitez savoir si une consultation est adaptée à votre situation, vous pouvez me contacter par téléphone ou via Doctolib.

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Références

  1. Assurance Maladie — Douleur du cou, torticolis : que faire et quand consulter ?
  2. Bono et al. — An evidence-based clinical guideline for the diagnosis and treatment of cervical radiculopathy from degenerative disorders, 2011
  3. Fehlings et al. — A Clinical Practice Guideline for the Management of Degenerative Cervical Myelopathy, 2017