Comment est constitué un disque intervertébral ?
Des disques intervertébraux sont présents entre presque toutes les vertèbres de la partie mobile de la colonne, du cou jusqu’au bas du dos. Ils participent à sa mobilité et aident à répartir les contraintes.
Les couches extérieures constituent l’anneau fibreux. Au centre se trouve le noyau pulpeux, une zone plus riche en eau et plus déformable. Cette zone centrale ne doit pas être imaginée comme un noyau dur : elle n’est pas parfaitement séparée des couches qui l’entourent.
Une image simple pour le visualiser
Un disque ressemble visuellement à un oignon coupé en deux : plusieurs couches concentriques entourent une zone centrale plus déformable.
Avec le temps et les contraintes, le disque peut se déformer ou se fissurer. Son contour peut se bomber de manière diffuse. Une partie du noyau peut aussi repousser certaines couches de l’anneau ou les franchir plus localement.
Bombement, protrusion ou extrusion : quelle différence ?
Le bombement discal
Le disque se déforme et s’élargit sur une zone assez importante de son contour, un peu comme un coussin que l’on comprime. Il s’agit d’une déformation large et diffuse, qui n’est pas considérée comme une hernie discale au sens radiologique strict.1

La protrusion discale
À un endroit plus précis, le noyau pousse davantage contre les couches de l’anneau et crée une bosse localisée. Les couches extérieures contiennent encore la partie qui pousse vers l’extérieur. La protrusion est une forme de hernie discale.1

L’extrusion discale
Lors d’une extrusion, une partie du noyau franchit les couches extérieures de l’anneau, mais reste reliée au disque.1

La séquestration
Lorsque le fragment sorti se détache complètement du disque, on parle de séquestration.1

Ces différentes présentations ne correspondent pas obligatoirement à quatre étapes successives.
Illustrations anatomiques : Smart Servier Medical Art, adaptées et légendées en français — licence CC BY-SA 3.0.
Une hernie discale provoque-t-elle toujours des symptômes ?
Non. Une modification discale peut être visible sur une IRM sans provoquer de douleur ni d’autre symptôme.
Lorsqu’une hernie provoque des symptômes, ils peuvent irradier vers l’épaule, le bras ou la main au niveau cervical ; suivre le trajet d’une côte au niveau thoracique ; ou descendre vers la fesse et la jambe au niveau lombaire.
L’imagerie apporte donc une information importante, mais elle doit toujours être interprétée avec vos symptômes et l’examen clinique.
Des images parfois impressionnantes, même sans douleur
Dans l’étude de Jensen, 98 personnes ne présentant aucun mal de dos ont passé une IRM lombaire. Parmi elles, 64 % présentaient au moins une anomalie discale : 52 % avaient un bombement, 27 % une protrusion et 1 % une extrusion.2
Ces pourcentages ne s’additionnent pas, car une même personne pouvait présenter plusieurs anomalies à différents niveaux.
Une hernie discale peut-elle se résorber ?
Une question revient souvent : « J’ai une hernie discale, est-ce que cela signifie que je ne guérirai jamais ? » Pas nécessairement. Une hernie peut diminuer de volume et parfois disparaître complètement sur les examens de contrôle : c’est ce que l’on appelle la résorption.
Lorsqu’une partie du disque franchit les couches extérieures de l’anneau, elle devient davantage accessible aux petits vaisseaux sanguins et aux cellules immunitaires. Certaines de ces cellules participent progressivement à la dégradation et à la résorption de la partie sortie.
Ce que montrent les données sur les hernies lombaires
Une méta-analyse publiée en 2024 retrouvait une diminution visible dans environ 70 % des cas traités sans chirurgie : environ 38 % pour une protrusion, 67 % pour une extrusion et 88 % pour une séquestration.4
Une extrusion ou une séquestration, pourtant plus impressionnante sur l’image, peut donc avoir davantage de chances de se résorber qu’une protrusion contenue.
L’évolution des symptômes et celle de l’image ne sont pas parfaitement parallèles. Vous pouvez aller mieux sans disparition complète de la hernie, tandis qu’une diminution visible à l’IRM ne garantit pas, à elle seule, la disparition de tous les symptômes.
Quand une hernie discale nécessite-t-elle un avis médical rapide ?
La présence d’une hernie discale sur une IRM ne constitue pas, à elle seule, une urgence. Ce sont surtout les symptômes et leur évolution qui déterminent la conduite à tenir.
Un avis médical rapide est nécessaire si la douleur reste extrêmement intense malgré un traitement adapté, en cas de diminution progressive de la force, de difficulté nouvelle à marcher, de perte d’équilibre, de maladresse inhabituelle des mains ou de symptômes neurologiques qui s’étendent.
Une évaluation urgente est nécessaire en cas de :
- baisse brutale ou importante de la force, paralysie ou difficulté soudaine à réaliser certains mouvements d’un bras ou d’une jambe ;
- perte brutale, importante ou étendue de la sensibilité dans un bras ou une jambe ;
- perte de sensibilité nouvelle au niveau du périnée ;
- difficultés inhabituelles à uriner ou à contrôler les urines ou les selles.
Une douleur accompagnée de fièvre, d’une altération de l’état général ou apparue après un traumatisme important doit également être signalée rapidement.
Comment j’évalue et prends en charge votre situation ?
Je commence par une anamnèse : un échange sur vos antécédents, votre état de santé général et vos habitudes de vie. Nous parlons ensuite de vos symptômes, de leur apparition, de leur évolution, de ce qui les aggrave ou les soulage et de leurs conséquences sur votre quotidien.
J’adapte l’examen clinique à la localisation de la hernie et aux symptômes présents. Selon la situation, j’évalue notamment certains mouvements, la force, la sensibilité, les réflexes et les éventuels signes d’irritation d’une racine nerveuse ou d’atteinte de la moelle épinière.
Si vous avez réalisé une IRM ou un scanner, apportez les images ainsi que le compte rendu. Les deux sont complémentaires. Je replace ce qui apparaît sur l’imagerie dans le contexte de vos symptômes et de l’examen clinique.
Lorsque la prise en charge au cabinet est adaptée, je choisis les techniques manuelles ou instrumentales selon vos antécédents, vos préférences, votre confort et les éventuelles contre-indications. Il n’existe aucune obligation de faire craquer.
Dans la grande majorité des cas, je vous propose également des mouvements ou des exercices adaptés. Ce que vous faites dans votre quotidien a autant d’importance que ce que nous faisons sur la table.
L’objectif n’est pas de « remettre la hernie en place ». Le premier objectif est de faire diminuer vos symptômes et, lorsque cela est possible, de les faire disparaître afin que vous puissiez reprendre progressivement vos activités.
Consulter pour une hernie discale à Paris 11
Une hernie discale a été découverte sur votre imagerie ou vos symptômes vous amènent à vous interroger sur cette possibilité ? Je vous reçois au Centre Via Sana Père-Lachaise pour évaluer votre situation et déterminer ce qui peut être envisagé.
Prendre rendez-vous au cabinet
Vous ne savez pas si une consultation est adaptée ? Contactez-moi par téléphone ou via Doctolib afin que nous puissions faire le point avant une éventuelle prise de rendez-vous.
Références
- Fardon et al. — Lumbar disc nomenclature: version 2.0, 2014
- Jensen et al. — Magnetic resonance imaging of the lumbar spine in people without back pain, 1994
- Brinjikji et al. — Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations, 2015
- Zou et al. — Incidence of Spontaneous Resorption of Lumbar Disc Herniation: A Meta-analysis, 2024