Quelles sont les pathologies les plus communes de la cheville ?
- Une entorse de cheville correspond à une atteinte ligamentaire, le plus souvent après que le pied est parti vers l’intérieur. Elle peut provoquer une douleur, un gonflement et parfois une sensation d’instabilité.1
- Une tendinopathie d’Achille entraîne une douleur à l’arrière de la cheville ou légèrement plus haut, souvent lors de la course, des sauts ou de la montée sur la pointe des pieds.2
- Les tendons situés sur les côtés de la cheville, notamment les fibulaires à l’extérieur et le tibial postérieur à l’intérieur, peuvent également devenir douloureux.
- Un conflit de cheville peut provoquer une douleur à l’avant ou à l’arrière de l’articulation lorsque certains mouvements arrivent en fin d’amplitude.
- L’arthrose de cheville, moins fréquente que celle du genou ou de la hanche, peut entraîner une douleur, une raideur et une diminution progressive de la mobilité.
Ces différentes atteintes peuvent produire des symptômes proches. Après une entorse, une douleur persistante ne signifie pas nécessairement que le ligament est encore lésé : la mobilité, la force et la confiance dans l’appui peuvent également avoir besoin d’être retrouvées.
Et lorsque la douleur concerne le pied ou le talon ?
L’aponévrosite plantaire provoque généralement une douleur sous le talon, souvent plus marquée lors des premiers pas après une période de repos. Elle concerne l’aponévrose plantaire, une bande de tissu reliant le talon à l’avant du pied.3
Une épine calcanéenne peut être visible sur une radiographie. Elle est fréquemment associée à une douleur du talon, mais sa présence ne signifie pas nécessairement qu’elle en est la cause : certaines personnes en présentent une sans aucune douleur.5
Le syndrome de Morton, parfois appelé névrome de Morton, correspond à l’irritation et à l’épaississement d’un nerf situé entre les métatarsiens, le plus souvent entre les troisième et quatrième orteils. Il peut provoquer une douleur, une brûlure ou des décharges électriques dans l’avant-pied, ressenties sous le pied, entre les orteils ou parfois sur le dessus. Certains patients décrivent également l’impression d’avoir un caillou ou un pli dans la chaussure.4
Même si les symptômes sont ressentis dans le pied, la mobilité de la cheville et la manière dont l’ensemble du membre inférieur supporte les contraintes peuvent aussi être prises en compte lors de l’évaluation.
Quand demander rapidement un avis médical ?
La plupart des douleurs de cheville ou du pied ne relèvent pas d’une urgence. Certaines situations nécessitent néanmoins une évaluation médicale rapide.
Demandez rapidement un avis médical en cas de :
- déformation, gonflement important ou impossibilité de prendre appui après un traumatisme ;
- douleur osseuse très précise après une chute ou une torsion ;
- claquement soudain à l’arrière de la cheville, accompagné d’une difficulté importante à pousser sur le pied ou à se mettre sur la pointe ;
- cheville très rouge, chaude et gonflée, notamment en présence de fièvre ;
- perte brutale ou importante de force ou de sensibilité dans le pied.
Une douleur restant importante après une entorse mérite également d’être réévaluée afin de rechercher une fracture ou une autre atteinte associée.6
Comment votre cheville et votre pied sont-ils évalués ?
L’échange commence par vos antécédents, vos habitudes de vie et les circonstances d’apparition des symptômes : traumatisme, changement de chaussures, gestes répétés ou augmentation récente de l’activité. Nous précisons également l’emplacement de la douleur, ce qui l’aggrave, ce qui la soulage et la présence éventuelle de gonflement ou d’instabilité.
L’examen observe la marche, les appuis, la mobilité de la cheville et la force des muscles du pied et de la jambe. Les ligaments, les tendons et les différentes zones douloureuses peuvent ensuite être évalués selon la présentation.
Le genou, la hanche et parfois la région lombaire peuvent également être examinés lorsque les symptômes ou le fonctionnement de l’ensemble du membre inférieur le justifient.
Quelle prise en charge pour une douleur de cheville ou du pied ?
La prise en charge dépend de la structure concernée, de l’ancienneté des symptômes et des contraintes liées à la marche, au travail ou à la pratique sportive.
Elle peut associer un travail manuel adapté, des conseils pour modifier temporairement certaines sollicitations et des exercices progressifs. Ceux-ci peuvent viser la mobilité de la cheville, la force, l’équilibre et la capacité à reprendre confiance dans l’appui.
L’objectif n’est pas nécessairement d’immobiliser ou d’arrêter toute activité, mais de reconstruire progressivement ce que la cheville et le pied peuvent supporter. Une suspicion de fracture, de rupture tendineuse, d’infection ou d’atteinte neurologique importante nécessite une orientation médicale adaptée.
Consulter pour une douleur de cheville ou du pied
Si une douleur de cheville ou du pied limite votre marche, votre pratique sportive ou vos activités quotidiennes, une évaluation permet de mieux comprendre les structures et les sollicitations susceptibles d’y contribuer.
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Références
- Martin et al. — Lateral Ankle Ligament Sprains: Clinical Practice Guidelines, 2021
- de Vos et al. — Dutch multidisciplinary guideline on Achilles tendinopathy, 2021
- Morrissey et al. — Heel Pain – Plantar Fasciitis: Clinical Practice Guidelines Revision 2023
- Royal National Orthopaedic Hospital — Inter Digital Neuralgia (Morton’s Neuroma)
- Okçu et al. — Plantar calcaneal spurs, pain and treatment outcomes, 2023
- NHS — Ankle pain: when to get medical help
