Existe-t-il vraiment une bonne posture ?

Nous avons tous une morphologie, une mobilité et des habitudes différentes. Avoir les épaules légèrement en avant, un dos arrondi ou une posture asymétrique ne signifie pas nécessairement que nous allons développer des douleurs.

Mais toutes les postures ne sollicitent pas notre corps de la même manière. Certaines demandent plus de travail musculaire, tandis que d'autres exercent davantage de contraintes sur les articulations et les ligaments. Une position peut donc être confortable pendant quelques minutes et devenir désagréable lorsqu'on la conserve plusieurs heures.

L'objectif n'est pas de bannir certaines postures, mais de comprendre qu'elles n'imposent pas toutes les mêmes contraintes à notre corps.

Se tenir droit peut permettre de limiter certaines contraintes, notamment lors de longues périodes de travail assis. Mais cela ne signifie pas qu'il faut conserver cette posture en permanence. L'important est de savoir alterner entre différentes positions et de continuer à bouger.

Pourquoi certaines postures deviennent-elles douloureuses ?

Pour maintenir une position, notre corps doit constamment composer avec la gravité. Selon notre manière de nous tenir, certains muscles doivent rester contractés pour soutenir une partie de notre poids. Dans d'autres positions, une partie des contraintes est davantage supportée par les articulations, les ligaments et les autres tissus passifs.

La position de notre tête en est une bonne illustration. Lorsqu'elle reste inclinée vers l'avant pour lire un livre ou regarder un téléphone, les efforts nécessaires pour la soutenir changent. Certaines structures du cou peuvent alors être davantage sollicitées, notamment si cette position est maintenue longtemps.

Une posture n'est donc pas seulement une question de positionnement. La durée, l'intensité et la répétition des contraintes influencent aussi la manière dont notre corps les supporte, tout comme notre condition physique et notre récupération.

Une position anodine peut-elle devenir douloureuse ?

Prenons l'exemple d'un index maintenu en extension vers l'arrière pendant cinq minutes. Au départ, cette position peut sembler anodine. Pourtant, à mesure que le temps passe, une gêne, voire une douleur, peut apparaître.

La position n'a pas changé. C'est la durée pendant laquelle les tissus sont soumis à cette contrainte qui augmente.

Gros plan sur deux mains avec un index maintenu en extension vers l'arrière

Pourquoi restons-nous si longtemps dans la même position ?

Lorsqu'on travaille sur un dossier, un ordinateur ou une tâche qui demande beaucoup de concentration, notre attention est mobilisée ailleurs. Nous pouvons alors rester longtemps dans la même position sans y penser, parfois même sans remarquer immédiatement les premiers signes d'inconfort.

Il ne s'agit pas forcément d'un manque de volonté. Lorsque nous sommes très concentrés, nous accordons simplement moins d'attention à certaines sensations corporelles. La gêne peut alors devenir plus marquée avant que nous décidions de changer de position.

L'enjeu est donc d'apprendre à mieux reconnaître ces premiers signaux et à retrouver l'habitude de bouger régulièrement. Avec le temps, changer de position peut devenir un automatisme, sans avoir besoin de surveiller constamment notre dos ou de réfléchir à chaque mouvement.

Une chaise ergonomique est-elle indispensable ?

Une chaise ergonomique peut apporter un véritable confort, notamment grâce à son dossier et à ses différents réglages. Elle permet de soutenir certaines parties du corps et de diminuer les efforts nécessaires pour maintenir une position. C'est particulièrement intéressant lorsqu'on travaille plusieurs heures par jour.

Mais cela ne signifie pas qu'il faut absolument investir dans un fauteuil coûteux. On peut tout à fait bien s'asseoir sur une chaise classique ou même sur un simple tabouret. Le matériel peut faciliter certaines positions, sans être indispensable pour les adopter.

Il est également intéressant de pouvoir alterner les moments de soutien et d'activité musculaire. S'appuyer sur son dossier permet de relâcher certains muscles, tandis que s'asseoir quelques instants sans appui, par exemple au bord de sa chaise, peut demander davantage de travail au dos. Ces deux situations ont leur intérêt : notre corps a besoin de repos, mais aussi de sollicitations régulières pour entretenir ses capacités.

Travailler toute la journée depuis son lit peut limiter les occasions de bouger et de solliciter certains muscles. Une chaise ergonomique, aussi confortable soit-elle, ne remplace donc pas le mouvement et l'activité physique.

Même personne devant un ordinateur dans deux positions assises différentes
Deux positions de travail, des contraintes différentes. La position redressée, avec un soutien du dossier, peut réduire certaines sollicitations mécaniques par rapport à une position penchée vers l'avant. Cela ne signifie pas qu'il faut rester droit en permanence : l'intérêt est aussi de pouvoir alterner les positions au cours de la journée.

Comment mieux gérer sa posture au quotidien ?

Nous passons parfois huit heures par jour, cinq jours par semaine, dans notre environnement de travail. Les contraintes auxquelles nous exposons notre corps pendant ces longues périodes méritent donc notre attention, au même titre que nos activités sportives ou les efforts ponctuels.

S'avachir sur sa chaise n'est pas forcément problématique. Mais lorsque cette position est maintenue plusieurs heures, certaines structures du dos peuvent subir des contraintes prolongées, notamment les ligaments et les articulations. Se redresser de temps en temps, changer d'appui ou adopter une position moins contraignante permet de répartir différemment les efforts. L'objectif n'est pas d'interdire les positions avachies, mais d'éviter de rester systématiquement dans la même posture.

Il n'est pas nécessaire d'attendre d'avoir mal pour changer de position. On peut apprendre à reconnaître les premiers signes de fatigue ou d'inconfort, mais aussi prendre progressivement le réflexe de bouger régulièrement, même lorsque tout va bien. Changer de position, varier les appuis ou, lorsque cela est possible, se lever et marcher quelques instants permet de mieux répartir les sollicitations au cours de la journée. L'objectif est de trouver un équilibre entre les moments où notre corps travaille et ceux où il peut se reposer.

L'apport de la Chiropraxie

Lorsqu'une douleur apparaît, la posture peut être l'un des éléments à examiner, sans être nécessairement la seule explication. En consultation, nous prenons en compte vos symptômes, vos activités, votre environnement de travail et les contraintes auxquelles vous êtes exposé au quotidien.

Selon votre situation, la prise en charge peut associer des ajustements chiropratiques, des exercices et des conseils adaptés. L'objectif est de soulager vos douleurs, de vous aider à mieux gérer les contraintes quotidiennes et de développer vos capacités physiques.

Pour aller plus loin

Les douleurs ressenties au quotidien peuvent concerner différentes régions du dos et du cou. Si vous souhaitez mieux comprendre vos symptômes, vous pouvez consulter les pages suivantes :

Consulter pour des douleurs liées à la posture à Paris 11

Vous ressentez régulièrement des douleurs lorsque vous travaillez ou restez longtemps dans certaines positions ? Nous pouvons chercher ensemble ce qui contribue à vos symptômes et trouver des solutions adaptées à votre quotidien. L'objectif est de vous aider à retrouver du confort et à mieux supporter vos activités, sans vous imposer une posture parfaite.

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Références scientifiques

  1. Swain CTV et al. (2020). No consensus on causality of spine postures or physical exposure and low back pain: A systematic review of systematic reviews. Journal of Biomechanics.
  2. Alaca N et al. (2025). Low back pain and sitting time, posture and behavior in office workers: A scoping review. Journal of Back and Musculoskeletal Rehabilitation.
  3. Tapanya W et al. (2021). Influence of neck flexion angle on gravitational moment and neck muscle activity when using a smartphone while standing. Ergonomics.
  4. Curran et al. (2015). Does Using a Chair Backrest or Reducing Seated Hip Flexion Influence Trunk Muscle Activity and Discomfort? A Systematic Review.