Cette localisation correspond à la région des articulations sacro-iliaques, qui relient le sacrum aux deux os du bassin. Mais avoir mal à cet endroit ne signifie pas nécessairement que l’articulation sacro-iliaque est elle-même responsable de la douleur : plusieurs structures de la région lombaire, pelvienne ou de la hanche peuvent produire des symptômes proches.
Qu’est-ce que l’articulation sacro-iliaque ?
Les deux articulations sacro-iliaques se trouvent de chaque côté du sacrum, à la jonction entre la colonne vertébrale et le bassin.
Un repère simple
Un repère simple permet de visualiser approximativement leur localisation : les deux petites fossettes que certaines personnes présentent dans le bas du dos, parfois appelées fossettes de Vénus, correspondent approximativement aux reliefs osseux des épines iliaques postéro-supérieures (EIPS), à proximité de la région sacro-iliaque.

Une articulation peu mobile
Contrairement à une épaule ou à une hanche, l’articulation sacro-iliaque possède une amplitude de mouvement très réduite, mais indispensable au fonctionnement optimal du complexe lombo-pelvien.
Il ne s’agit donc pas d’une articulation qui se « déplace » largement ou d’un bassin qu’il faudrait régulièrement « remettre en place ».
Une mobilité très faible
Les études biomécaniques montrent généralement des rotations de seulement quelques degrés et des translations mesurées en millimètres.
À quoi ressemble une douleur sacro-iliaque ?
La douleur est généralement ressentie d’un côté, dans la partie basse du dos ou la fesse, à proximité de l’articulation. Elle peut parfois s’étendre autour de la hanche, dans l’aine ou vers la cuisse.
Certaines personnes décrivent une gêne lors des changements de position, de la marche, des escaliers, après une position prolongée ou lors de certains mouvements sollicitant le bassin.
Ces symptômes ne permettent cependant pas, à eux seuls, d’identifier précisément leur origine. Une lombalgie, une atteinte de la hanche, une sciatique ou d’autres structures de la région peuvent donner une présentation similaire.
L’examen clinique repose donc sur l’ensemble des symptômes, l’examen de la région lombaire et des hanches ainsi que plusieurs tests de provocation. Aucun test isolé ne permet d’affirmer avec certitude que l’articulation sacro-iliaque est la source de la douleur.
Pourquoi cette région peut-elle devenir douloureuse ?
Les douleurs de la région sacro-iliaque peuvent apparaître dans différents contextes : modification inhabituelle des contraintes, activité physique plus importante, traumatisme, chute ou mouvements répétés.
La grossesse et la période post-partum peuvent également modifier les contraintes exercées sur le bassin.
Le saviez-vous ?
Pendant la grossesse, les modifications hormonales entraînent notamment une augmentation de la laxité ligamentaire du bassin. La mobilité des articulations sacro-iliaques peut alors augmenter et, associée aux modifications mécaniques de la grossesse, participer chez certaines femmes aux douleurs lombo-pelviennes.
Mais une douleur ressentie près de l’articulation sacro-iliaque n’est pas nécessairement provoquée par un problème mécanique de cette articulation. Les structures lombaires, les muscles et tissus environnants ou la hanche peuvent également contribuer aux symptômes.
Une douleur sacro-iliaque peut-elle être inflammatoire ?
Certaines maladies inflammatoires peuvent toucher les articulations sacro-iliaques : on parle alors de sacro-iliite. C’est notamment le cas de certaines spondyloarthrites axiales, dont la spondylarthrite ankylosante.
Une douleur débutant chez un adulte jeune, persistante, présente la nuit, associée à une raideur matinale prolongée et ayant tendance à s’améliorer avec l’activité mérite une attention particulière. La présence d’un psoriasis, d’une uvéite ou d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin constitue également une information importante à signaler au médecin.
Douleur sacro-iliaque, lombalgie ou sciatique ?
La distinction n’est pas toujours évidente à partir de la localisation de la douleur seule.
Une lombalgie peut être ressentie très bas et déborder vers la fesse. Une sciatique peut débuter dans cette même région avant de descendre dans la jambe. Une hernie discale ou une discopathie peuvent également produire des symptômes lombaires et fessiers.
À l’inverse, une douleur provenant de la région sacro-iliaque peut parfois s’étendre dans la cuisse sans qu’un nerf soit atteint.
C’est donc l’association entre l’histoire des symptômes et l’examen clinique qui permet d’orienter le diagnostic.
Quand demander un avis médical ?
Une consultation médicale est indiquée lorsque le tableau évoque une origine inflammatoire ou lorsqu’il existe des symptômes inhabituels : fièvre, altération de l’état général, traumatisme important, douleur nocturne persistante inhabituelle, déficit neurologique ou troubles urinaires ou intestinaux récents.
Une douleur persistante ou dont l’évolution n’est pas celle attendue mérite également d’être réévaluée.
Quelle prise en charge ?
La prise en charge dépend du contexte, de l’examen clinique et de l’origine probable des symptômes. En Chiropraxie, elle peut associer différentes approches en fonction du patient : ajustements, exercices, conseils et reprise progressive des mouvements ou activités qui posent problème.
L’ajustement fait partie des outils utilisés pour cette région. Il peut être réalisé manuellement ou, selon le patient et ses symptômes, à l’aide d’autres modalités comme l’Activator, une table à drop ou des blocs.
L’objectif n’est pas de « remettre le bassin en place ». L’ajustement produit une sollicitation mécanique réelle de la région et peut modifier transitoirement son mouvement. Il s’accompagne également de réponses neurophysiologiques susceptibles de participer à la modulation de la douleur et du tonus musculaire.
Le travail actif peut concerner le tronc, le bassin et la hanche afin d’améliorer progressivement la fonction et la tolérance aux contraintes. Pour une personne peu habituée à l’activité physique ou lorsqu’un travail de rééducation plus spécifique est nécessaire, un suivi complémentaire avec un kinésithérapeute peut permettre de mettre en place et de superviser un programme d’exercices plus ciblé et progressif.
L’objectif global reste de retrouver progressivement les mouvements et activités souhaités plutôt que de rechercher une position « parfaite » ou une supposée symétrie du bassin.
Questions fréquentes
Une douleur sacro-iliaque peut-elle descendre dans la jambe ?
Oui. Une douleur provenant de cette région peut s’étendre dans la fesse et parfois dans la cuisse. Une douleur descendant dans la jambe n’est donc pas automatiquement une sciatique. La présence de symptômes neurologiques et leur distribution doivent être évaluées lors de l’examen.
Une radio ou une IRM permet-elle de diagnostiquer une douleur sacro-iliaque ?
Pas systématiquement. Pour une douleur mécanique courante, l’imagerie n’identifie pas nécessairement la structure responsable des symptômes. Elle devient en revanche particulièrement pertinente dans certaines situations, notamment lorsqu’une sacro-iliite inflammatoire ou une autre pathologie spécifique est suspectée.
Quels exercices faire pour soulager une douleur sacro-iliaque ?
Il n’existe pas un exercice unique adapté à toutes les douleurs sacro-iliaques. Selon la présentation, le travail peut concerner le tronc, les muscles de la hanche et du bassin ainsi que la reprise progressive des mouvements ou activités qui posent problème. Le choix dépend surtout de l’examen et de la tolérance individuelle.
Consulter pour une douleur sacro-iliaque
Si une douleur située près du sacrum ou dans la fesse gêne vos mouvements ou vos activités, une évaluation permet de mieux comprendre les structures et les sollicitations susceptibles d’y contribuer.
Prendre rendez-vous au cabinet
Si vous ne savez pas si une consultation est adaptée, contactez-moi par téléphone ou via Doctolib.