Qu’est-ce qui différencie la Chiropraxie ?
La Chiropraxie s’intéresse particulièrement au fonctionnement de l’appareil neuro-musculo-squelettique : les articulations, les muscles et le système nerveux. Cette place accordée au système nerveux intervient notamment dans le raisonnement clinique, l’examen et le choix de la prise en charge.
L’ajustement chiropratique constitue également une technique caractéristique de la discipline. Il s’agit d’une manipulation articulaire rapide et contrôlée, qui peut concerner la colonne vertébrale comme d’autres articulations.
Une caractéristique importante de l’ajustement chiropratique est la recherche de spécificité du geste. Selon la technique utilisée, le chiropracteur adapte notamment le contact, le positionnement du patient et la direction de l’impulsion à la région sur laquelle il souhaite intervenir.
Des techniques similaires ?
Il existe un recouvrement : chiropracteurs et ostéopathes peuvent notamment utiliser des mobilisations et des manipulations articulaires.
La Chiropraxie dispose cependant de nombreuses techniques d’ajustement qui lui sont propres. Diversified, Gonstead, HIO ou SOT en sont quelques exemples. Elles font varier le positionnement du patient, les contacts utilisés ou la manière de réaliser l’ajustement.
La réglementation française permet également au chiropracteur d’utiliser des manipulations et mobilisations manuelles, instrumentales ou assistées mécaniquement. Cela permet par exemple d’utiliser un Activator ou certaines tables chiropratiques avec système de drop. Le cadre réglementaire de l’ostéopathie prévoit, lui, des manipulations et mobilisations non instrumentales.1,2
Cette diversité permet surtout d’adapter la technique à la situation et aux préférences du patient : un ajustement chiropratique n’implique donc pas nécessairement un craquement ni une manipulation réalisée de la même manière à chaque consultation.
Pour quels problèmes consulter un chiropracteur ?
En France, le champ d’exercice du chiropracteur concerne les troubles de l’appareil locomoteur et leurs conséquences, avec une place particulière accordée au rachis. Les actes chiropratiques sont définis réglementairement comme neuro-musculo-squelettiques.1
En pratique, les patients consultent notamment pour des douleurs du dos ou du cou, mais également pour des symptômes concernant la mâchoire, l’épaule, le coude, le poignet, la hanche ou d’autres régions de l’appareil locomoteur.
Selon les symptômes et les résultats de l’examen, une prise en charge chiropratique peut être proposée ou une orientation vers un médecin ou un autre professionnel peut être nécessaire.
La formation est-elle différente ?
Oui. Chiropracteurs et ostéopathes suivent deux formations spécifiques et réglementées.
En France, la formation au métier de chiropracteur est dispensée par l’Institut Franco-Européen de Chiropraxie (IFEC), seule école française habilitée à délivrer le diplôme de chiropracteur.
Depuis la réforme applicable aux étudiants entrant en première année à partir de septembre 2018, la formation chiropratique française est organisée sur 5 années et 4 960 heures, hors travail personnel, pour 300 crédits européens.3
La formation complète en ostéopathie est également organisée sur 5 années, pour 4 860 heures hors travail personnel.4
La différence entre les deux disciplines ne repose donc pas aujourd’hui sur le nombre d’années d’études, mais sur des cursus distincts, avec leurs propres référentiels, compétences et enseignements.
J’ai suivi l’ancien cursus de l’IFEC, qui se déroulait sur 6 années et environ 5 500 heures de formation.
Le cadre d’exercice est-il différent ?
Oui. En France, l’exercice des deux disciplines est encadré par des textes différents.
Au-delà des différences concernant les techniques instrumentales, le rachis cervical en constitue un exemple concret. Un ostéopathe non médecin doit disposer au préalable d’un diagnostic médical attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie pour effectuer une manipulation cervicale.2
Cette obligation préalable systématique n’existe pas sous cette forme pour le chiropracteur. Celui-ci reste néanmoins soumis à des obligations et restrictions propres aux manipulations cervicales, notamment concernant l’information du patient et son consentement.1
Ces différences réglementaires ne permettent pas, à elles seules, de juger de la qualité d’un praticien. Elles montrent en revanche que Chiropraxie et ostéopathie ne correspondent pas au même cadre d’exercice.
Pourquoi essayer la Chiropraxie ?
Si vous connaissez déjà l’ostéopathie, consulter un chiropracteur permet de découvrir une discipline différente, avec sa propre manière d’aborder l’appareil neuro-musculo-squelettique et ses propres techniques d’ajustement.
Dans ma pratique, la consultation ne consiste pas simplement à rechercher une zone à « faire craquer ». Elle commence par comprendre vos symptômes, vos antécédents et votre quotidien, puis par un examen adapté à votre situation.
Lorsqu’un ajustement est pertinent, je choisis la technique et la manière de le réaliser en fonction de l’examen et de vos préférences. Je peux également utiliser des techniques instrumentales ou assistées, du travail musculaire, des exercices ou proposer des modifications de certaines habitudes lorsque cela a du sens.
L’objectif n’est donc pas de faire plus de manipulations, mais de choisir ce qui me paraît pertinent dans votre situation et de vous expliquer pourquoi.
Références
- Décret n° 2011-32 du 7 janvier 2011 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de la Chiropraxie — Légifrance
- Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie — Légifrance
- Arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en Chiropraxie — Légifrance
- Décret n° 2014-1505 du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathie — Légifrance